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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 15:09
Titre : La Princesse de Clèves
Auteur : Mme de La Fayette

Nombre de parties : 4
Nombre de chapitres : aucun

Personnages principaux : Melle de Chartres => Mme de Clèves, Mme de Chartres, le vidame de Chartres, Marie Stuart la reine dauphine, M. de Clèves, M.de Nemours, Catherine de Médicis la reine mère, Diane de Poitiers dite Mme de Valentinois, le chevalier de Guise, le roi Henry II.
La liste est trop longue pour tous les citer.

La Princesse de Clèves fait partie de la tradition des précieuses et peut paraître être une nouvelle liste de mondains comme on en connaît de nos jours dans les magazines "people". J'ai moi-même penser cela avant d'ouvrir ce livre qui était à mon programme de licence. Alors pourquoi ai-je changé d'avis ? D'abord c'est grâce à Nicolas Sarkozy qui a dévalorisé ce livre à maintes reprises. Pour cela, je vous renvoie au site du SIEFAR qui a prévu une rubrique consacrée à l'actualité de la Princesse de Clèves. La polémique qui a tourné autour de cette princesse et de la destruction de la culture que peut avoir un attaché d'administration m'a déterminé à lire et promouvoir ce livre. Depuis il est vrai que je me balade partout avec mon badge "Je lis la princesse de Clèves".
Nous allons voir ici quelques points qui prouvent que ce texte n'est pas mort et est digne d'être lu !

Voici un petit récapitulatif avant de se lancer.
  1. La culture, un bien et un droit pour tous
  2. Un texte du XVIIème siècle qui essaie d'être singulier
  3. La passion chez les précieuses ou la politique du refus
Ce n'est pas un commentaire de texte sur l'oeuvre mais surtout un article qui promouvoit l'oeuvre.

  • La culture, un bien et un droit pour tous
Cette petite partie n'est que pour rebondir sur les propos du président français. C'est un avis partagé par beaucoup d'enseignants et qui est légitime tout comme il est légitime de ne pas aimer La Princesse de Clèves. Mais pourquoi la retirer ? Pourquoi tant de haine face à un classique de la littérature du 17ème siècle ? Certains parlent d'échec du président avant qu'il n'accède à ce poste dans un concours de l'administration, d'autres disent que c'est une femme de son entourage professionnel qui n'a pas réussi son concours à cause de cette oeuvre.

La polémique est lancée depuis quelques temps et on ne peut pas y répondre donc je vais passer à la prochaine question qui est : de quel droit un président de la républiquye est-il apte à juger si un livre doit figurer dans un programme ou non ? Malheureusement, cette idée renvoie à des idées très sombres de la politique. C'est comme vous demandiez au gouvernement anglais de répudier Tristram Shandy de son programme de littérature sous prétexte que la naissance de Tristram arrive quasiment à la fin du livre. C'est jeter à la poubelle une culture d'une époque, d'un pays, d'un continent et la faire oublier de ses propres habitants.
Oui la culture des précieuses fait partie du patrimoine même si elles sont tournées en ridicule par les auteurs de leur siècle. Mais eux pouvaient le faire parce qu'ils pouvaient lire entre les lignes des textes grâce au langage des précieuses et de la mondanité. Combien connaissez-vous de personne capables de dire ce que signifie de "faire des noeuds" ? D'autant plus que Mme de Clèves les fait sur une canne. Un roman qui a l'air au premier abord fait pour des jeunes prudes se transforme en décryptage de signes pour savoir que "faire des noeuds" est en fait l'acte que fait la femme pour accepter son amant dans son lit ! Bien sûr, j'ai choisi l'exemple le plus frappant pour que vous compreniez plus vite. Mais savoir que "conversation" signifie la poitrine, que "commerce" désigne aussi bien fleurts ou liaisons n'est pas donné à tout le monde. La période des précieuses est importante, tout comme celle de la Renaissance et du Moyen-âge pour comprendre la littérature des siècles suivants tout comme les topoï (lieux communs), les mots et les traditions.
Enfin je terminerai cette partie en disant que la culture et notamment la lecture est justement ce qui empêche d'avoir un public voire toute une population analphabète. Pourquoi à votre avis certains tyrans ont interdit ou brûlé les livres ? Donc même si vous êtes une postière, un balayeur, une femme de ménage, un chômeur, un cadre, un commercial, un administratif, la culture vous permet d'éveiller votre esprit, de développer votre sens de l'interprétation et de mieux comprendre le monde qui vous entoure. La culture n'est pas que pour les plus riches ou pour ceux qui décident comment elle doit être, elle est à tout le monde !

  • Un texte du XVIIème siècle qui essaie d'être singulier
Je vais ici rappeler très brièvement quelque spoints d'inovation par rapport aux autres textes de son époque, mais avant quelques rappels pour vous re situer.
Au XVIIème siècle, la culture ne traîne que dans les salons mondains de l'aristocratie, c'est pour cela que la part de littérature de cette époque nous vient de là. cela explique en partie l'envie de répudier facilement les textes de cette époque. Les textes publiés étaient souvent passés d'abord sous le manteau et ainsi tout le monde savait à peu près qui en était les auteurs, car oui c'était bien souvent des oeuvres collectives. En effet, les salons n'étaient pas là que pour se retrouver, commercer et prendre un rafraîchissement. C'était également un lieu d'écriture romanesque et d'exercice stylistique : l'exercice le plus connu étant celui du portrait que l'on retrouve chez Bussy-Rabutin ou Molière avec son Misanthrope. La majorité des auteurs publiaient anonymement comme l'a fait Mme de La Fayette. Les courants littéraires du moment étaient le roman et la nouvelle mais pas au sens qu'on l'entend de nos jours. Le roman était un long récit épique avec des événements surnaturels la plupart du temps et avec au centre de l'action une passion amoureuse : les exmeples que l'on peut nommer sont l'Astrée, Clélie, La Jérsulem délivrée, Roland furieux, les romans de chevalerie du Moyen-Âge et enfin l'Enéide. La nouvelle tenait dans le fait qu'on s'appliquait à rendre vraissemblable l'action de son récit en contextualisant dans un événement historique ou en introduisant le texte par des formules courantes telles que "J'ai retrouvé ce texte dans une malle". La logueur varie entre 30 et 1000 pages. Attention cependant, ce sont pas des mémoires car la Princesse de Clèves ets une restitution historique érudite (donc avec des failles) et non précise.

Avec cette petite introduction, nous pouvons déjà parlé de l'hybridité du texte. La Princesse de Clèves est un texte sur la passion amoureuse inscrit sur un fond historique érudit qui n'est là que pour donner de la vraissemblance. Pas d'héroïsme avec la passion, un personnage principal sans influence sur le cours de l'Histoire, le texte est très vite classé dans les nouvelles galantes. cependant, le caractère particulier de la passion amoureuse des précieuses incarnée par Mme de clèves prouve qu'il y a peut-être quelque chose d'héroïque dans son refus de se donner à M. de Nemours et de s'en tenir à la vertu. Qui peut se vanter d'avoir été aussi fidèle ? M. de Nemours apparaît presque comme un héros aussi en atendant sa dame durant plusieurs années.

Pour continuer sur le thème de la passion, le texte a du mal à garder l'étiquette de "galant" quand on voit avec quelle réflexion est mené l'amour de Mme de Clèves. la jeune femme se remet en question tout le temps en prenant chaque fois le pour et le contre, la vie mondaine et la vertu que lui a enseignée sa mère. Après avoir été consciente de son épenchement pour M. de Nemours, Mme de Clèves essie sans relâche de trouver sa place par rapport à son mari et son amant.

Enfin, j'aimerai pointer du doigt (c'est aps bien, ah !) le titre du texte. La princesse de Clèves ... "La princesse de" est un titre très courant à l'époque des nouvelels galantes. Mais il faut savoir que ce titre est un choix de l'éditeur et que le livre aurait dû s'appeler "Monsieur de Clèves". Cet homme est la perfection de la passion : il aime sa femme du début à la fin, il connaît le pardon, il connaît la tromperie de sa femme, il connaît la souffrance et ils ait qu'il est aveuglé par sa passion. Un mari n'a pas sa place dans une nouvelle galante. On n'en tend parler que vaguement dans une nouvelle qui se passe avant ou après le mariage. Les textes de ce type ne se passent jamais avant, pendant, après. Pourtant l'évolution du statut du mari est perpétuelle, c'est une grande inovation pour son temps.

  • La passion chez les précieuses ou la politique du refus
Ce dernier point est totalement tiré d'une conférence audio que vous trouverez sur le site du SIEFAR donné en début d'article. Pour résumer l'idée en quelques mots : la princesse est le symbole des enseignants-chercheurs, des étudiants, des BIATOSS, de tous les manistants inter-professionnels. M. de Nemours a été pressant envers Mme de Clèves dès la 1ère partie du livre. Il n'a pas arrêté de lui donner des marques d'affection, de l'espioner, de chercher à la rencontrer pour la faire changerd 'avis ou pour l'appâter dans sa main plus facilement. Du début à la fin, Mme de clèves n'aura eu qu'une seule rencontre privée avec M. de Nemours dans la denrière partie du texte. Elle lui avoue sa passion mais refuse catégoriquement de se donner à lui alors qu'elle est enfin libre. La vertu, la morale et la fidélité à son mari l'en empêchent et elle fait corps avec ces 3 notions.

Par Anassete - Publié dans : Mme de La Fayette - Communauté : l'art perdu !
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