Jeudi 9 avril 2009
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Avant tout je vous invite à relire le texte dans la version de Charles Perrault qui la plus connue en France et qui est plus dure que la version des frères Grimm : Source
In Libro Veritas.
Je me permets de faire un petit article -même s'il en existe plusieurs déjà- sur le petit chaperon rouge. Pourquoi me direz-vous ? Et bien simplement dans le cadre de mon possible master recherche
(l'avenir étant incertain, on ne sait toujours pas s'il faudra un master enseignement ou recherches pour faire professeur en cycle secondaire). Ce texte ne sera pas vraiment une explication de
texte, encore une fois, mais plutôt un moyen de planter le décor pour la dernière partie.
J'ai intitulé mon article "Le petit chaperon rouge est-il mort ?" en référence d'abord aux deux versions alternatives de Charles Perrault et des frères Grimm, mais également par rapport aux
adaptations que l'on peut encore en faire. Par quels moyens et pour quel public le petit chaperon rouge est-il encore raconté au XXème et XXIème siècles ? Mais avant cela, je vais en premier lieu
poser le décor historique pour vous montrer dans quelle tradition le conte de Perrault a été fait, nous reverrons les deux versions de cette histoire en second lieu, et enfin je vous inviterai à
inventer votre propre version !
- Contextualisation : la nouvelle et le conte
- Le petit chaperon rouge, 2 versions européennes connues
- Le petit chaperon rouge, inventons notre version !
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Contextualisation : la nouvelle et le conte
Avant toute chose, je vais vous faire un petit point d'Histoiresur la tradition folklorique et littéraire de ces deux types de textes. Comme de nos jours, il existe des distinctions entre les
deux genres mais qui ne sont pas strictement similaires aux nôtres. Commençons par la
nouvelle : elle nous vient de la tradition médiévale avec les contes médiévaux écrits ou déclémés par
les fabliaux. La grande différence qui apparaît ici entre la nouvelle et le conte c'est le caractère grivois. La distinction entre conte et nouvelle apparaît surtout avec l'influence italienne avec
Il Decamerone (Le Décaméron) et
I piacevoli noveli (Les Nuits facétieuses) qui apparaît dans l'
Heptaméron. La structure a été posée par Baccacio (Baccace, auteur du
Décaméron) : 10 journées avec 10 nouvelles chacune avec un groupe mixte de jeunes gens. On parle de thèmes grivois et burlesques. Par exemple l'histoire du mari trompé qui se fait châtié. Il y a
une petite morale qui fait penser au conte mais déjà les histoires racontées s'incrivent dans un contexte moins généraliste que les contes.
Les
contes, en effet, sont des récits objectifs avec une forme close et une temporalité mythique. Les personnages y sont plus emblématiques que dans la nouvelle grivoise ne serait-ce que par
la présence d'animaux qui parlent. Rappelons également que le conte était oral avant l'arrivée de Perrault et n'était pas digne d'être écrit. C'étaient des histoires de bonnes femmes pour des
bonnes femmes ou des enfants, alors que la nouvelle grivoise s'adressait à un public plus averti et était écrite. Le conte populaire était donc le champ des non lettrés, de ceux qui ne savaient pas
lire, celui du peuple et avant tout des femems et des enfants parce qu'ils n'étaient pas considérés comme majeurs. Il peut paraître étrange de dire que le conte est avant tout oral surtout en
voyant les textes que nous avons réussi à garder, mais ils 'agit là d'un conte littéraire. Une autre preuve que le conte est une tradition orale : pourquoi existe-il deux versions écrites du
chaperon rouge ? Une par Perrault et l'autre par les Grimm ?
Pour mieux éclairer les esprits sur la différence entre ces deux genres, voici deux définitions claires que vous pourrez retrouver dans
Le Conte et la Nouvelle de Jean-Pierre Aubrit
(Armand Colin, coll. Cursus).
Le conte est un récit archétypal et crypté tandis que la nouvelle est un récit qui est à lui-même sa propre fin.
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Le petit chaperon rouge, 2 versions européennes connues
Comme je l'ai expliqué plus haut s'il existe deux versions écrites c'est qu'il y a eu tradition orale. J'aurai pu prendre l'exemple de Cendrillon qui fourmille de versions alternatives suivant
les pays et même dans leurs propres régions, mais le Petit chaperon rouge trouve plus de mixité dans son public que Cendrillon.
Que nous raconte la version de Charles Perrault ? Une petite fille de Village qui était la plus belle de toutes avec son capuchon pourpre doit aller porter un petit pot de beurre et une galette
pour sa grand-mère malade, dans la forêt. A l'intérieur, elle y rencontre le loup et lui dit où elle va. Il lui propose de l'y rejoindre. Une fois là-bas, le loup avale la grand-mère et il prend
l'apparence de la vieille dame. Il se met dans son lit et attend patiemment l'arrivée de la petite fille. Une fois arrivée, après quelques questions, il la dévore. L'histoire finit là. Ce conte a
été écrit par Charles Perrault à l'intention de la petite nièce de Louis XIV. Il était prévu pour faire apprendre la société aux jeunes filles nubiles et qui ne connaissait pas encore le monde.
L'effet fabuleux de ce conte qui permet l'acceptation par son public est le loup parlant. Et encore une fois, on voit que le public est féminin mais il se doit d'être capable de lire et comprendre
les cryptages. C'est ainsi que naît le conte littéraire. Bien évidemment, il y a d'autres conteuse de son époque qui font la même chose comme Mme Leprince de Beaumont avec la Belle et la Bête.
Le public des Grimm diffèrent en ce qu'ils ont retranscrit exactement tous les contes populaires allemands comme ils leur ont été dit. Et en effet, lisez un conte de Perrault puis un conte des
Grimm, le style est plus simple, plus épuré. Que nous dit la version des Grimm ? Le petit chaperon rouge n'est pas mort ! La structure est similaire dans le début du conte : une petite fille avec
un capuchon rouge que sa grand-mère lui a fait va lui apporter une galette et une bouteille de vin. Elle rencontre le loup dans la forêt et lu explique le chemin qu'elle va prendre. Il s'y rend,
mange la grand-mère puis le chaperon rouge. Un bûcheron qui passait par là va ouvrir le ventre du loup et sauver les deux femmes. La petite fille doit se rendre à nouveau chez sa grand-mère et
rencontre à nouveau un loup. Cette fois-ci, elle va tout droit et dit tout à sa grand-mère. Les deux femmes lui tendent un piège : la maison est fermée, le loup passe par la cheminée, ils e noie
dans une bassine d'eau et meurt. La version des frères Grimm est très courante même au-delà de leurs frontières et mieux acceptée par les enfants. Petite note historique sur la formation de ce
conte. Je l'ai trouvée sur
Ricochet-jeunes :
« Le Petit Chaperon rouge des frères Grimm reprend l'essentiel de
l'histoire originale de Perrault. Une différence fondamentale réside cependant dans la fin du conte. Ils ajoutent, en effet, à l'histoire une variante, un additif.
La variation finale du conte puiserait sa source dans les histoires d'une conteuse française que les frères Grimm écoutaient lorsqu'ils étaient petits. Cette dame mêlait dans sa mémoire les
traditions allemandes et françaises. La fin heureuse du petit chaperon rouge serait née de la confusion qu'elle faisait avec la fin de La chèvre et des chevreaux. Notons au passage
que Le Petit Chaperon rouge n'existe pas à l'origine dans la tradition orale allemande et qu'il n'apparaît qu'avec le conte des frères Grimm. Autre raison à cette variation : à
l’époque, les enfants trop sensibles ne supportaient pas ce genre d’histoires et les Grimm auraient pris ce facteur en compte. »
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Le petit chaperon rouge, inventons notre version !
Voici quelques exemples que je cite depuis leurs sources. Le petit chaperon rouge a fait des petits comme l'explique le site
Ricochet-jeunes:
Détournements du conte du Petit Chaperon rouge
Philippe Dumas et Boris Moissard, Contes à l’envers, L’Ecole des loisirs, 1977
A partir de 6 ans
Résumé
L’arrière-arrière petite fille du Petit Chaperon rouge, le Petit Chaperon bleu-marine, avait envie de devenir aussi célèbre que son aïeule. Sa mère un jour l’envoie porter des pelotes de
laine à sa grand-mère. En chemin, il lui vient une idée : elle ira délivrer le loup du zoo pour que l’histoire du petit Chaperon rouge puisse se rejouer. Le loup n’est pas coopératif mais
décide tout de même de sortir de sa cage. Le Petit Chaperon bleu-marine n’en revient pas de voir une grand-mère si ressemblante ! Mais elle ne se laisse pas avoir par le loup et le ramène
au zoo. Plus tard, les gardiens y trouvent une vieille dame en chemise ! Tout est bien qui finit bien : le petit chaperon bleu-marine est célèbre pour ce qu’elle a fait à sa grand-mère et
le loup s’est enfuit, libre comme l’air, en Sibérie.
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Grégoire Solotareff, Le Petit Chaperon vert, ill. par Nadja, L’Ecole des loisirs, 1989
A partir de 4 ans
Résumé
Le Petit Chaperon vert est une fille très sympathique et courageuse. Elle n’a qu’une ennemie, cette sale menteuse de Petit Chaperon rouge. La voici en chemin, elle traverse la forêt pour
aller voir sa grand-mère, lui porter des médicaments. Elle rencontre le loup qui court à toute vitesse et le Petit Chaperon rouge qui ferait mieux de faire attention à la bête qui rôde.
Quand elle revient, elle aperçoit le loup tué et le fillette en rouge qui lui dit que le loup l’a engloutie, elle et sa grand-mère. Mais, le Petit Chaperon vert n’est pas dupe. De toute
façon, ce Petit Chaperon rouge n’est qu’une sale menteuse.
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Nous pouvons aussi repenser à l'adaptation cinématographique de Walt Disney qui est également faite pour les enfants.
Une autre adaptation avec une interprétation personnelle du conte se trouve dans le manga
Lugwig
revolution où le chaperon rouge devient une meurtrière professionnelle après avoir tué ses parents avec une hache.
Enfin, Internet se prête aussi à l'interpréter avec des B.D. appelées communément "strips", et je vous invite à lire cette semaine une série de strip sur
la nouvelle version du chaperon rouge par Cyfe.
Le chaperon n'est pas mort, il s'adapte à son public et au support de l'époque !